La Guadeloupe fait parler d'elle en métropole. Nous découvrons ce coin de terre autrement que par les clichés habituels: le soleil, les palmiers, le sable blanc, le ti punch l'argent braguette, "ils n'ont qu'à travailler, çà nous coûte cher, ils sont toujours en grève, il n'y a qu'à leur donner l'indépendance "
Qui a intérêt à développer les productions locales?
Car le grand défi auquel la Guadeloupe comme toutes les îles antillaises, est confrontée c'est le développement économique. Son caractère insulaire est un handicap dans un contexte de mondialisation. Elle ne possède pas de ressources naturelles. Il n'est pas concevable d'y implanter des industries lourdes, consommatrices de matières premières et coûteuses en transports (contrôlés par des monopoles) La voie est à rechercher dans des activités à forte valeur ajoutée et dans le développement de services marchands, sans négliger le potentiel agricole actuellement orienté vers des cultures exportées au détriment des productions utiles à la population.
La voie est étroite. Si une réelle volonté de développement s'affirme, les résultats ne seront pas immédiats. Pour autant il n'est pas envisageable d'abandonner une partie de la population nationale à son sort, si le mot "solidarité" a un sens au pays des droits de l'homme. Les 580 millions d'euros promis aux départements d'Outre Mer permettront aux plus pauvres d'améliorer leurs conditions et c'est nécessaire, mais ils profiteront aussi aux importateurs, à la grande distribution, et aux entreprises métropolitaines.
La mondialisation telle qu'elle est conçue, laisse peu de chances aux régions insulaires (sauf à en faire des paradis fiscaux) ou handicapées par leur géographie. Seule une politique volontariste des organisations internationales peut les aider à se développer en les protégeant d'une concurrence sauvage. Politique coûteuse, objectera-t-on, mais moins coûteuse que la concentration de populations déracinées dans nos mégapoles explosives
Pensons-y avant que la révolte des Guadeloupéens n'apparaisse comme un signe précurseur d'autres révoltes. Louis-Joseph Lebret, fondateur d'Economie et Humanisme rappelait que "Le plus grand mal n'est pas la pauvreté des démunis, mais l'insouciance des riches"
Louis Pilard, de BRES (Bretagne Espérance Solidarité)